Les Jaguar des années 60 : modèles et héritage

Jaguar XK120

Au début des années 60, une voiture fait sensation au point d’être qualifiée de ‘’plus belle jamais créée’’ par Enzo Ferrari lui-même. Il s’agit de la mythique Jaguar E-Type, qui propulse la marque britannique sur le devant de la scène mondiale. Mais au-delà de ce modèle emblématique, les Jaguar de cette décennie incarnent une vision unique de l’automobile, mêlant élégance, performances et innovation.

Jaguar Type E, une architecture sportive issue de l’ingénierie aéronautique

Jaguar e type

La Jaguar Type E, présentée en mars 1961 au Salon de Genève, marque une rupture technologique nette dans l’automobile de série. Son architecture repose sur une structure monocoque associée à un berceau1 tubulaire, directement dérivée des prototypes de compétition D-Type engagés au Mans.

Avec cette conception, la structure de la voiture gagne en solidité face aux torsions. Sur les routes, la Jaguar Type E peut atteindre une vitesse maximale de 240 km/h. Quant au 0 à 100 km/h, il peut être réalisé en 6,9 secondes.

La production se poursuit jusqu’en 1975, avec plusieurs évolutions techniques, notamment le passage à un moteur 4,2 litres en 1964, ce qui améliore le couple à bas régime et la souplesse d’utilisation.

Jaguar XK150, une transition vers la modernité mécanique

Jaguar XK150

La Jaguar XK150 est produite entre 1957 et 1961. Elle constitue la dernière évolution de la lignée XK initiée avec la XK120 en 1948. Elle introduit des modifications structurelles significatives, notamment un pare-brise panoramique monobloc et des freins à disque sur les quatre roues.

Le moteur XK est proposé en plusieurs configurations. La version la plus performante, XK150 S, reçoit un six-cylindres de 3 781 cm³ avec culasse modifiée et trois carburateurs SU, développant 250 ch. La vitesse maximale mesurée est de 215 km/h, tandis que le 0 à 100 km/h est franchi en 7,8 secondes, ce qui reste compétitif face aux coupés italiens de l’époque.

Jaguar Mark 2, une berline sportive à haut rendement mécanique

Jaguar Mark 2

La Jaguar Mark 2, introduite en 1959 et produite jusqu’en 1967, représente une synthèse entre berline de luxe et performances sportives. Son châssis repose sur une structure monocoque renforcée, avec des suspensions indépendantes à l’avant et un essieu arrière rigide à ressorts hélicoïdaux.

Trois moteurs sont proposés :

  • 2,4 litres,
  • 3,4 litres et
  • 3,8 litres.

La version 3,8 litres, la plus performante, développe 220 ch grâce à deux carburateurs SU HD6.

La vitesse maximale atteint 200 km/h, tandis que le 0 à 100 km/h est réalisé en 8,5 secondes. Ces performances placent la Mark 2 parmi les berlines les plus rapides de son époque, utilisée notamment par les forces de police britanniques pour les poursuites autoroutières.

Le modèle se distingue également par son habitacle en bois véritable et cuir Connolly, matériaux typiques du luxe britannique.

Jaguar XK120, une base technique issue de l’après-guerre

jaguar XK120

La Jaguar XK120, produite entre 1948 et 1954, reste présente dans les années 60 sur le marché de l’occasion et dans les compétitions amateurs. Elle constitue la première application du moteur XK, qui sera réutilisé sur les modèles ultérieurs.

Le moteur est un six-cylindres en ligne de 3 442 cm³, développant 160 ch dans sa version initiale. Les versions SE (Special Equipment) atteignent 180 ch grâce à des modifications de la culasse et de l’admission.

La vitesse maximale est de 193 km/h, ce qui en fait la voiture de série la plus rapide du monde en 1949. Le 0 à 100 km/h est réalisé en 10 secondes, un temps élevé selon les standards actuels mais compétitif à l’époque.

La structure repose sur un châssis en acier avec carrosserie en aluminium pour les premiers exemplaires, puis en acier pour des raisons de coût. Le poids total varie entre 1 250 et 1 300 kg.

Jaguar D-Type, une influence directe sur les modèles des années 60

Jaguar D Type

La Jaguar D-Type est produite entre 1954 et 1957, mais elle influence directement les modèles des années 60. Avec sa structure monocoque en aluminium qui est inspirée de l’aéronautique, elle possède une dérive arrière stabilisatrice destinée à améliorer la stabilité à haute vitesse.

Le moteur XK de 3,4 litres développe 250 ch, avec une alimentation par injection mécanique Lucas sur certaines versions. La vitesse maximale dépasse 280 km/h.

Le 0 à 100 km/h est estimé à 4,8 secondes, une performance exceptionnelle pour l’époque. La D-Type remporte les 24 Heures du Mans en 1955, 1956 et 1957, établissant une base technologique reprise sur la Type E.

Note de bas de page

  1. Berceau : structure métallique fixée sous le véhicule qui sert à porter et maintenir en place des éléments mécaniques importants, comme le moteur, la boîte de vitesses ou les essieux. Il assure leur positionnement précis, participe à la solidité de l’ensemble et aide à répartir les contraintes générées pendant la conduite. ↩︎
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