En 2025, une voiture particulière a parcouru en moyenne 11 600 km en France, selon le Service des données et études statistiques (SDES). Entre une citadine d’appoint à 3 000 km par an et la voiture d’un commercial qui en avale 30 000, l’assureur ne couvre pas le même risque. Pourtant, le kilométrage n’agit jamais seul sur la prime et une déclaration trop optimiste peut coûter bien plus cher que l’économie espérée.
Comment le kilométrage annuel entre dans le calcul de l’assurance
Plus une voiture roule, plus elle s’expose à un accrochage, à un bris de glace ou à une collision. L’assureur se fonde sur cette probabilité pour fixer une partie de la cotisation.
Lors de la souscription, le conducteur déclare la distance qu’il prévoit de parcourir dans l’année, en choisissant une tranche (moins de 5 000 km, de 5 000 à 10 000 km…). À chaque palier correspond un coefficient, qui majore ou minore le tarif de base.
Avant de remplir un devis, mieux vaut donc comprendre comment est calculée une prime d’assurance auto selon le kilométrage parcouru et chiffrer ses propres trajets. Un aller-retour domicile-travail de 20 km, 5 jours par semaine sur 47 semaines, représente déjà 4 700 km par an. Avec 2 départs en vacances de 1 000 km et les sorties du week-end, le total approche 8 000 km.
Quels critères l’assureur croise-t-il avec votre kilométrage ?
Une même distance ne pèse pas autant d’un contrat à l’autre. Le tarif final dépend aussi de quatre éléments :
- L’usage déclaré : privé, « trajet travail » (domicile-travail inclus) ou professionnel (tournées, rendez-vous clients). En usage privé, le trajet domicile-travail n’est pas couvert. Chaque catégorie supérieure autorise davantage de déplacements et alourdit la cotisation.
- La zone de circulation : à partir du code postal de résidence, l’assureur classe les communes selon la fréquence et le coût des sinistres qui y sont constatés. Une voiture domiciliée en grande agglomération coûte donc plus cher à assurer qu’en zone rurale.
- Le lieu de stationnement : un garage fermé réduit le risque de vol et de vandalisme nocturne par rapport à la voie publique.
- Le profil du conducteur : âge, ancienneté du permis, sinistres passés et coefficient de bonus-malus. Ce coefficient baisse de 5 % par année sans accident responsable, jusqu’au plancher de 0,50, et augmente de 25 % après chaque accident responsable (article A121-1 du Code des assurances). Un jeune conducteur paie en outre une surprime pouvant atteindre 100 % la 1ʳᵉ année (article A335-9-1).
Ces paramètres se combinent. Le résultat ? À véhicule et zone identiques, un conducteur qui roule 5 000 km par an avec un malus de 1,25 peut payer davantage qu’un gros rouleur au bonus maximal de 0,50.
Quel est l’écart entre la prime d’un petit rouleur et celle d’un gros rouleur ?
Selon les offres publiées par les assureurs en 2026, les conducteurs qui roulent peu obtiennent des réductions de 10 à 30 % par rapport à un contrat sans plafond kilométrique, la remise la plus forte portant sur les forfaits sous 5 000 km. Pour un même profil et des garanties identiques, la cotisation évolue à peu près selon cette grille indicative :
| Kilométrage annuel | Profil type | Prime indicative (base 100) |
| Moins de 5 000 km | Voiture d’appoint, retraité, télétravailleur | 70 à 80 |
| 5 000 à 10 000 km | Trajets urbains et loisirs | 80 à 95 |
| 10 000 à 15 000 km | Domicile-travail quotidien | 100 |
| 15 000 à 20 000 km | Longs trajets réguliers | 110 à 125 |
| Plus de 20 000 km | Commercial, infirmier libéral | 130 à 150 |
Pour payer selon la distance, le forfait kilométrique impose un plafond annuel, de 4 000 à 10 000 km selon les contrats, alors qu’un contrat classique n’en prévoit aucun. Le paiement au réel, ou PAYD (pay as you drive), facture chaque kilomètre relevé par un boîtier, de 1 à 4 centimes selon les tarifs pratiqués en 2026. En contrepartie, la facture varie chaque mois. Elle vise surtout les voitures d’appoint, sorties pour les vacances ou le week-end.
Au-delà de 15 000 km par an, ces formules perdent leur intérêt et le contrat classique avec kilométrage illimité est le choix tout indiqué.
Que risquez-vous en déclarant un kilométrage inexact ?

Le compteur laisse des traces : chaque procès-verbal de contrôle technique en reporte le relevé, l’assureur peut en demander une photo à l’échéance et l’expert le consulte après un sinistre. Si vos trajets augmentent en cours de contrat (nouvel emploi, déménagement), l’article L113-2 du Code des assurances vous impose de le signaler dans les 15 jours.
L’erreur de bonne foi
Quand la mauvaise foi de l’assuré n’est pas prouvée, l’article L113-9 du Code des assurances écarte la nullité du contrat. Si l’écart est découvert avant tout sinistre, l’assureur augmente la prime avec l’accord de l’assuré ou résilie le contrat dix jours après l’avoir notifié par lettre recommandée.
Après un sinistre, il applique la règle proportionnelle. Prenons une prime payée de 400 € au lieu des 500 € qui auraient été dus : l’indemnité est réduite de 20 % et une réparation de 5 000 € n’est remboursée qu’à hauteur de 4 000 €.
La fausse déclaration intentionnelle
Si l’assureur prouve que le conducteur a sciemment minoré ses trajets, l’article L113-8 du même code prévoit la nullité du contrat. Les primes déjà payées restent acquises à l’assureur et les indemnités versées doivent lui être remboursées.
Le conducteur se retrouve sans couverture et doit souscrire un nouveau contrat sans attendre. Rouler alors qu’il n’est pas assuré est interdit par la loi et expose aux différentes sanctions du défaut d’assurance auto.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir une baisse de prime quand on roule moins ?
Oui. L’article L113-4 du Code des assurances ouvre droit à une baisse de cotisation quand le risque diminue. Si l’assureur refuse, vous pouvez résilier le contrat.
Que se passe-t-il en cas de dépassement d’un forfait kilométrique ?
Selon le contrat, vous achetez une recharge de 1 000 à 5 000 km ou subissez une franchise majorée en cas de sinistre au-delà du plafond.
Le boîtier connecté est-il obligatoire ?
Non, seul le paiement au réel l’exige. La géolocalisation suppose alors votre consentement, au titre du RGPD (règlement général sur la protection des données).

